Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

02/06/2007

Les reliquats machistes de la société.

Il est tellement de choses absurdes qui nous entourent que j'ai renoncé depuis longtemps à les expliquer toutes. Parmi celles-ci, je me suis repenché sur une absurdité qui nous pourrit la vie à tous, à savoir, le jour de fermeture hebdomadaire.

Cela fait longtemps que je me demande pourquoi les commerces ne sont ouverts que durant les heures de bureau, justement les heures où tout le monde travaille. Pourquoi les endroits pour dépenser son argent sont-ils fermés lorsque ceux qui en gagnent sont justement au repos ? Pourquoi s'obstiner à ouvrir pendant la période de la journée où seuls les plus bas revenus de notre société (étudiants, pensionnés, chômeurs), et accessoirement les plus hauts (rentiers), peuvent fréquenter les temples de la Société de consommation ? Est-ce dans un souci de brassage culturel qu'on espère d'hypothétiques rencontres en ces lieux des deux couches extrêmes qui encadrent notre société? Ou bien est-ce pour que les classes moyennes (ceux qui travaillent) n'assistent pas au triste spectacle du pauvre qui se contortionne pour attraper les produits situés le plus bas (les moins chers sont toujours au ras du sol), ou pour leur éviter la vue des hyper-nantis qui paradent avec leur caddie plein de Champagne ?

TOUS LES SAMEDIS, MOBILISATION GéNéRALE ! 

Oui, mais il y a quand même le Samedi ! Heureusement, d'ailleurs, parce que sinon, nous assisterions à la plus cinglante famine de l'histoire du monde. Par souci de survie, les travailleurs seraient obligés de quitter leurs emplois le temps de s'approvisionner. A la longue, leurs absences répétées leur coûteront leur place et du coup, ils se trouveront dans la situation où ils pourront  visiter tous les magasins qu'ils veulent, sans avoir le moindre sou à y dépenser. Dans ce cas, ils n'auront d'autre choix que d'emménager avec un partenaire qui se chargera de travailler pendant qu'ils auront le loisir d'aller chercher la nécessaire nourriture physique dont nul ne sait encore se passer de son vivant.

Voilà : on en revient au modèle de la femme au foyer! Modèle sociétal si souvent taxé de machiste mais qui nous pourrit la vie encore maintenant. Parce que la société a évolué depuis lors. Les femmes se sont mises à contribuer à la croissance de la richesse nationale en se mettant à travailler. Les nouvelles générations de classes moyennes sont maintenant composées majoritairement de couples qui travaillent tous deux. Premier effet : les femmes ne restent plus au foyer, la demande pour les crèches explose et les services de traiteurs (HRM pour les instruits, Home Meal Replacement) et fournisseurs de plats préparés ne désemplissent pas.

MAIS POURQUOI EST-CE QU'ON TRAVAILLE ENCORE ?

Si ce n'est pas pour ne pouvoir dépenser tout cet argent courageusement gagné ? Je vois encore dans ma rue ce samedi : il est midi trente et les rares commerces ouverts le matin ferment leur portes pour un week-end bien mérité. Quand on parle à leur tenanciers, ceux-ci se plaignent de la baisse de leur activité. A cause des grandes surfaces qu'ils disent. Moi je suis pas du tout d'accord avec eux.

LA FEMME A LA MAISON, CA ARRANGERAIT BIEN LES COMMERCES.

Il y a bien longtemps, quand les commerces sont apparus, les familles se composaient d'une femme au foyer et d'un homme qui travaillait. La femme avait en charge la tenue du ménage et avait tout le temps d'aller faire les courses nécessaires durant la semaine. Le patriarche n'avait nullement à se soucier de l'approvisionnement, vu que sa femme s'en chargeait fort bien. Du coup, les commercants, qui avaient également une vie de famille, adoptaient le même rythme d'activités et tout tournait bien. Tant que la femme ne chercha pas à s'émanciper.

ET PUIS UN JOUR, LA FEMME TRAVAILLA...

... et les heures d'ouverture des commerces ne changèrent pas. Les magasins se vidèrent peu à peu durant la semaine pour connaître une affluence incomparable le samedi. Personne ne se posa la question du pourquoi. Lorsque les commerçants demandèrent l'autorisation d'ouvrir le dimanche ou plus tard le soir, les syndicats protestèrent. Résultat : les pauvres jeunes qui trouvent du travail actuellement se retrouvent avec les même préoccupations que l'homme des cavernes : comment va-t-il faire pour se nourrir durant la semaine ? S'il rate le coche du samedi, il est foutu ! ! !

La Société a beau évoluer vers plus d'égalité, un plus grand épanouissement des peuples, une harmonisation entre sexe, elle n'en reste pas moins gangrainée par des coutumes obsolètes, reliquats d'un temps où Bruxelles brusselait. Quand se décidera-t-on à mettre enfin un peu d'ordre dans tout ça ?

Monulf (qui vous laisse ici avant que l'hypermaché ne ferme)