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19/05/2007

Titres-Arnaque : tous dans le panneau !

Le succès des Titres-Services a encore été souligné cette semaine dans nos médias préférés. On ne tarit pas d'éloges quant à la faculté de ce système à résorber le chômage et à diminuer le travail au noir... Si ce n'est qu'on ne m'a toujours pas défini ce qu'est exactment le travail au noir...

C'est quoi au juste, le travail au noir ? 

Quand ma femme repasse toutes mes chemises et en échange, je l'invite dans un resto très cher : c'est du travail domestique. Quand c'est une autre femme qui le fait pour moins cher qu'un gueuleton à l'extérieur, c'est du travail au noir. Et si je couche avec elle en plus, c'est de la prostitution ? 

Ce petit exemple ironique montre que nous sommes tous des travailleurs en noir en puissance. Dès qu'on accomplit un acte créateur de valeur avec contrepartie valorisable mais sans payer d'impôt dessus, crac, c'est du travail au noir ! La femme au foyer qui se crève du matin au soir pour assurer le confort de son mari et de ses cinq enfants ne doit pas se plainde de ne rien avoir en retour. Autrement, s'il y a contrepartie, il y a lieu de le déclarer et de payer des taxes dessus, sinon c'est du travail en noir. Et l'amour dans tout ça ?

Mais ce n'est pas là que je voulais en venir. Notre très fûté gouvernement, peuplé de vertueux ministres a donc mis en place un système extraordinaire pour nous faire virer toutes les bonnes est-européennes qui acceptaient de travailler sans broncher pour une bouchée de pain et de prendre à la place une chômeuse qui se demande encore comment on a réussi à l'obliger à faire ça. Mais elle est "déclarée". Donc, elle touche un salaire décent, alors que ce ne vous coûte presque rien...

Comment ça marche, les titres-services ? 

En apparence, vous achetez un carnet de chèques à 6,70 euros le chèque et vous en donnez un à votre "employée de maison affectée à l'intendance" chaque fois qu'elle passe une heure à repasser vos chemises, après les avoir lavées, etc. C'est tout ? Elle s'en sort avec ça ? Savez-vous que l'Etat contribue à raison de 13,3 euros dans l'histoire ?! L'entreprise qui emploie cette travailleuse et qui encaisse les titres touche en réalité 20 euros par heure prestée. Donc, vous payez directement 6,7 € et indirectement au travers de vos impôts 13,3 €. Elle vous coûte donc près du double que la personne qui, auparavant, le faisait bien docilement au noir...

Qu'a-t-on à y gagner ?

Il semble donc évident que ce super-système ne soit pas super viable à long terme pour les finance publiques Ou alors, j'ai rien compris. Que se passera-t-il une fois que toutes les aides-ménagères auront signé un contrat de travail et que plus une seule ne travaillera au noir ? Crac ! on arrête tout maintenant et chacun paiera l'entièreté du coût total de son travailleur. Et comme on a vos noms et adresse, on saura où aller voir si vous ne payez plus et contrôler si vous avez pas une ukrainienne qui astique au noir.

Ce qu'on ne nous a pas dit, mais qu'il fallait comprendre, c'est que ce système n'a pour unique but que de :

  1. institutionaliser le travail ménager et tout le marché qui en dépend;
  2. recenser les personnes qui y font appel.

Vous voilà avertis. Ce système ne peut pas durer toute la vie. Que vous ne veniez pas vous plaindre, dans quelques années, de vous être fait piéger et de payer plus cher que vous ne l'êtes la personne qui fait les poussières chez vous.

Un énième miroir aux allouette mis en place par nos politiciens habiles...

Allez, le mois prochain on va voter. Que nous réserveront-ils après ça ? 

Monulf 

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